|
En hiver ma bien-aimée est parmi les animaux de la forêt. Qu’avant l’aube je doive rentrer, la renarde le sait et rit. Comme les nuages tremblent ! Sur mon col de neige tombe une couche de glace brisée.
En hiver ma bien-aimée est un arbre parmi les arbres et invite dans son beau branchage les corneilles infortunées. Elle sait que le vent, au crépuscule, soulève sa robe du soir bordée de givre et me chasse chez moi.
En hiver ma bien-aimée est parmi les poissons et se tait. Enchaîné aux eaux qui agitent du dedans le fil de leurs nageoires, immobile sur la rive, je la regarde, jusqu’à ce que le sol me déloge, plonger, tourner, changer.
Touché à nouveau par le cri de chasse de l’oiseau qui raidit ses ailes au-dessus de moi, je m’abats en plein champ : elle plume ses poules et me jette un bréchet blanc. Je le mets autour de mon cou et m’en vais par le duvet amer.
Infidèle est ma bien-aimée, je sais que parfois elle plane sur ses hauts talons vers la ville, dans les bars elle pénètre les verres de longs baisers profonds sur la bouche, et trouve les mots pour tous. C’est un langage que je ne comprends pas.
Le pays de brouillard j’ai vu, le cœur de brouillard j’ai mangé.
Pour lire le texte original de ce poème, changez la langue du site web pour l'allemand en cliquant sur le bouton "DE" situé en haut à gauche de la page. |