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Paris Version imprimable Suggérer par mail

Sur la roue de la nuit tressés
dorment  les  perdus
dans les couloirs tonitruants en bas ;
mais où nous sommes  est la lumière.

Nous avons les bras pleins de fleurs
mimosas de tant d'années ;
l’or tombe de pont en pont
sans  un souffle dans le fleuve.

Froide est la lumière, encore plus froide
 la pierre devant le porche,
et les conques des fontaines
sont déjà à demi vidées.

Qu'adviendra-t-il si,  pris de nostalgie
jusque dans les cheveux fuyants,
nous demeurons ici et demandons: qu'adviendra-t-il
si nous surmontons l’épreuve de la beauté?

Sur les chars de lumière glorieux ,
Même veillant, nous sommes perdus,
sur les champs des génies là-haut ;
mais où nous ne sommes pas est la nuit.

 

Ingeborg Bachmann . Traduit de l’allemand par Françoise Rétif.

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