|
Né en 1945. Vit et travaille à Barjac (France).  Anselm Kiefer à Barjac, nov. 2006 Artiste de renommée internationale, Anselm Kiefer a commencé par étudier le droit, la littérature et la linguistique avant d’entamer sa carrière artistique. Son père était professeur de dessin. Il étudie d’abord aux Beaux-Arts de Karlsruhe, puis à Düsseldorf où il devient l’élève de l’artiste allemand Joseph Beuys. Explorant dès le début des années 70 les arcanes complexes de l’identité allemande d’après-guerre, il expose au Pavillon allemand de la Biennale de Venise en 1980. Son travail fait alors scandale auprès de certains critiques. En 1981, il expose chez Marian Goodman à New York et devient très vite l’un des artistes les plus côtés du marché. Sa renommée n’a cessé de croître. Puisant son inspiration dans l’œuvre des génies de la littérature ainsi que dans la Kabbale ou la mythologie de l’Egypte Antique, Anselm Kiefer a activement participé au renouveau de la peinture. Son art parfois qualifié de néo-expressionisme couvre avec une énergie inégalée un passionnant champ de création. Au cour des années 1969-1992 dédiées aux œuvres « allemandes » et « germaniques » - Resurrexit, 1973, Au Peintre inconnu, 1982, La Tombe de Tutein, 1981, Athanor, 1983, Parsifal, 1973 -, Kiefer introduit l’un de ses thèmes de prédilection, et des plus importants, celui de la religion juive et, plus précisément, de la Kabbale : série des Lilith, Emanation, 1984, Tsim Tsum, 1991, Séphirot, 1990, etc. S’y ajoutent les sujets historiques empruntés à l’Ancien Testament : Départ d’Egypte, 1984, La Mer Rouge, 1985, Aaron, 1985, Séraphin, 1984… Installé à Barjac dans le sud de la France dès 1994, Kiefer opère une mutation dans son œuvre. Le lieu même, la nature environnante, l’immensité du ciel et le travail de deuil achevé permettent à Kiefer de développer de nouveaux thèmes tels que l’exploration du cosmos – Les Ordres de la nuit, 1997, Contrainte de lumière, 1999, Chute d’étoiles, 1998 – mais également le cycle consacré à Robert Fludd, penseur anglais du XVIIème siècle qui soutenait que chaque plante sur terre a son équivalent sous forme d’étoiles. Surgiront les livres Pour Robert Fludd, 1996, La Vie secrète des plantes, 1998, constitués de photographies peintes et de graines de tournesol, que nous retrouverons dans les grands tableaux réalisés à partir de gravures : Sol Invictus, 1995, La Vie secrète des plantes, 1998, ou encore Cette Obscure clarté qui tombe des étoiles, 1996. De ses voyages, Kiefer a rapporté des milliers de photographies qui donneront lieu à la série des Pyramides : Débris de soleil, 1997, J’ai vu le brouillard, j’ai mangé le cœur du brouillard, 1997, dédié à Ingeborg Bachmann, Ciel et terre, 1996. Ou encore à la série indienne à partir de photos de fabrique : Le Carré, 1997, Orage des Roses, 1998… Tout donne à penser qu’en s’installant en France, en y fondant un nouvel atelier, Kiefer aurait accompli l’un de ces « rituels de construction » où l’édification d’une nouvelle demeure tend à restaurer « la plénitude d’un présent qui ne contient aucune trace d’histoire ». Dans les années 2002-2006, Anselm Kiefer travaille le béton. Il élabore les tours qui seront montrées, à Milan, dans les entrepôts Pirelli, la série des hommages à Khlebnikov (tableaux de mer avec bateaux et divers objets en plomb, 2004-2005), un retour à Paul Celan avec les tableaux de runes (2004-2006) et d’autres sculptures encore.
|