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Né le 23 novembre 1920, au sein d’une famille juive allemande à Cernăuti dans l’actuel Ukraine, Paul Celan (de son vrai nom Ancel en roumain) est le poète de langue allemande le plus universellement étudié aujourd’hui. Il meurt à Paris le 20 avril 1970, en se jetant dans la Seine. Très fortement marqué par l’expérience concentrationnaire, Paul Celan contredit la fameuse parole du philosophe Theodor W. Adorno selon laquelle : « écrire un poème après Auschwitz est barbare. » Son travail poétique effectué à l’intérieur de la langue même des bourreaux est exemplaire d’un courage poétique immense qui le conduira au cœur d’une écriture complexe, discontinue et particulièrement saisissante. Parmi ses œuvres les plus célèbres, on peut citer les poèmes des débuts (Le Sable des urnes) ainsi que Fugue de la mort, La Rose de personne, Cristal de souffle ou encore Noir péage. Comme il l’écrivait lui-même dans une lettre de 1946 : « … je tiens à vous dire combien il est difficile pour un Juif d’écrire des poèmes en langue allemande. Quand mes poèmes paraîtront, ils aboutiront bien aussi en Allemagne et – permettez-moi d’évoquer cette chose terrible –, la main qui ouvrira mon livre aura peut-être serré la main de celui qui fut l’assassin de ma mère… Et pire encore pourrait arriver… Pourtant mon destin est celui-ci : d’avoir à écrire des poèmes en allemand. »
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