Tous les jours

 
La guerre n’est plus déclarée,
mais poursuivie. Le scandale
est devenu quotidien. Le héros
reste loin des combats. Le faible
est envoyé au feu.
L’uniforme des jours est la patience,
la décoration, la pauvre étoile
de l’espoir sur le cœur.
 
Elle est remise
lorsque plus rien n’arrive,
lorsque le feu roulant se tait,
lorsque l’ennemi est devenu invisible
et que l’ombre de l’éternel réarmement
couvre le ciel.
 
Elle est remise
pour désertion devant l’étendard,
pour témérité en face de l’ami
pour trahison d’indignes secrets
et non-exécution
de tout ordre.

 

Ingeborg Bachmann. Traduit de l’allemand par Françoise Rétif.

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