| Corps disparu et Présence éternelle |
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« J’avais une grand-mère remarquable, comme toutes les grands-mères. Il ne reste rien d’elle, à part quelques images dans la tête de mes frères et de moi. La seule raison de vivre, pourtant, c’est de se dire que les choses continuent. » En quelques mots, Christian Boltanski récapitule ce qui tient lieu de fil conducteur dans son œuvre : un pari impossible à gagner contre l’oubli et la disparition. Le corps est au centre de cette tâche. Il est le premier à partir, à se décomposer. Il ne reste que peu de choses ensuite, des lambeaux de mémoire. Il n’y a plus rien, corps disparu, et pourtant quelque chose est là, présence éternelle. Ce hiatus est à la croisée de nombreuses questions religieuses sur le sens du culte des morts, la réincarnation, l’au-delà et la résurrection. Christian Boltanski interroge indirectement ces notions, mais en les traitant ici-bas, à l’échelle de notre passage sur terre. Le paradoxe du temps et de l’éternité touche dans l’œuvre de l’artiste à ce qui fait notre condition d’individus incarnés, promis à la poussière, mais, peut-être, susceptibles encore d’espérer. À lire : |











